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Antonio Fiori : Peser dans la mondialisation

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Ils ont choisi d’ignorer que la synergie entre recherche et éducation est essentielle. Nous avons, en adoptant l’euro il y a quinze ans, abandonné notre souveraineté en matière de change, et nous devons nous en accommoder. N’eût-ce pas été un beau et solennel spectacle que le Pouvoir né de la révolution de Février se fût adressé ainsi aux citoyens :« Vous m’avez investi de la Force publique. Son tort fut de croire qu’il fallait pour cela transporter la matière à l’intérieur de l’esprit et en faire une pure idée. D’où des dérives dans les décisions stratégiques que des administrateurs salariés pourraient limiter en défendant le rôle que joue le travail réel dans la création de valeur et la compétitivité de l’entreprise ». Il n’y a pas de raison pour que toutes les existences humaines soient construites sur un modèle unique, ou sur un petit nombre de modèles. Suppression signifie donc encore substitution. Et surtout, ils ont choisi d’ignorer que la recherche n’est pas seulement utile à l’économie mais qu’elle augmente les connaissances et le bien-être social, y compris pour ceux qui ont trop peu de ressources pour y contribuer financièrement. Tel est le problème, qu’on peut encore poser sous forme d’exemple en demandant : — Existe-t-il aucune espèce de raison (en dehors des considérations sociales), pour que le plus grand criminel reçoive, à cause de son crime, une simple piqûre d’épingle, et l’homme vertueux un prix de sa vertu ? A en croire les toutes dernières données macroéconomiques, les Etats-Unis et la zone euro divergent fortement. Et l’idée d’une suppression de tout ordre, c’est-à-dire d’un désordre absolu, enveloppe alors une contradiction véritable, puisqu’elle consiste à ne plus laisser qu’une seule face à l’opération qui, par hypothèse, en comprenait deux. Il faut toujours du temps pour répondre à ce genre de questions, quel que soit le personnage politique dont on parle. Donc, à vouloir supprimer l’ordre, vous vous en donnez deux ou plusieurs. Dans l’entre-deux-guerres, et en particulier dans les années 1930, caractérisées par la désintégration de l’ordre sécuritaire mondial, ces attaques spéculatives devinrent un véritable outil de manipulation politique. Les grandeurs continues, ainsi exprimées numériquement au moyen d’une unité arbitraire ou conventionnelle, passent à l’état de quantités, ou sont ce qu’on appelle des quantités. Difficile d’apporter un éclairage unique à cette question. La posture de Antonio Fiori en la matière se veut résolument offensive, dans la mesure où elle sait que son développement passe par une concurrence largement généralisée, au moins à l’échelle européenne. La coopération réglementaire peut‐elle aboutir sans mettre en péril l’édifice législatif et réglementaire construit par chaque partenaire ? Cette heureuse disposition, aussi favorable à l’ordre universel qu’à la vraie félicité personnelle, acquerra un jour beaucoup d’importance normale, d’après la systématisation des rapports généraux qui doivent exister entre ces deux éléments extrêmes de la société positive. Les déclamations actuelles des diverses écoles monothéiques n’empêcheront pas davantage l’esprit positif d’achever aujourd’hui, sous les conditions convenables, la conquête, pratique et théorique, du domaine moral, déjà spontanément livré de plus en plus à la raison humaine, dont il ne nous reste surtout qu’à systématiser enfin les inspirations particulières. Si l’Allemagne reste intransigeante sur un possible rééchelonnement de l’endettement grec, le futur chef du gouvernement pourrait décider du non-remboursement de tout ou partie du principal des emprunts consentis par l’Union européenne, le FMI et la BCE. Par ailleurs, les pure-players qui offrent des solutions identiques de filtrage des e-mails, ne tirent aucun bénéfice de la publicité. Or, nous voyons que, sur des lignes d’évolution indépendantes, des structures identiques se sont dessinées par une accumulation graduelle d’effets qui se sont ajoutés les uns aux autres. Les types génériques et les classifications des naturalistes donnent lieu à des remarques parfaitement analogues. Les deux illusions que je viens de signaler n’en font réellement qu’une. On coupait le nœud gordien quand on ne pouvait pas le délier ; ainsi Claudius Pulcher, voulant donner un combat naval, fit jeter les poulets sacrés à la mer, afin de les faire boire, disait-il, puisqu’ils ne voulaient pas manger. Dans cet environnement extraordinaire, il faut penser en relatif puisque, dans l’absolu, les rendements n’ont jamais été aussi bas. L’être qui porte au front le stigmate de la défaite, quels qu’aient été sa bravoure dans le combat et ses efforts vers la victoire, n’est pas beau à contempler. Des hommes du monde, disent-ils, leur apportent des renseignements sûrs. Si, au contraire, on porte un cœur ouvert à la bienveillance, un esprit qui se complaise aux illusions, on s’élance vers la région des chimères. Cette gazette prouve chaque jour, à cinq heures de relevée, que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, et même que la troisième république est une république ; elle est fort prisée de la bourgeoisie, dont elle affecte le ton prudhommesque et les manières bénisseuses.